Techniques

L’émail est un produit cristallin. C’est un mélange d’oxyde de plomb, de sable, de soude ou de potasse auquel on ajoute un liant qui peut être du manganèse, du salpêtre ou du nitrate. On obtient alors une poudre translucide.
Ces composants sont généralement rendus opaques par l’adjonction d’oxydes métalliques qui les colorent. Ils sont de couleurs très variées selon la nature du métal et la manière dont on l’a traité :

  • Pour obtenir du bleu, on utilise de l’oxyde de cobalt.
  • Le cuivre produit du vert, du rouge ou du noir, selon le degré d’oxydation.
  • Les sels de fer les plus oxydés donnent du rouge ou du brun.
  • Avec le manganèse, on a du violet.
  • L’argent permet d’obtenir des jaunes.
  • L’étain ou le zinc servent à préparer les blancs.
  • Le rubis ou rouge brillant est fabriqué avec de la poudre d’or.

Les techniques sont diverses.

L’émail peint

La plaque est recouverte de fondant sur ses deux faces et subit une première cuisson. Le décor s’obtient par la superposition de nombreuses couches d’émail coloré, déposé à la spatule, qu’un nombre identique de cuissons fixera. Des couleurs vitrifiables, broyées suffisamment fines pour être maniées au pinceau permettent de rehausser certains détails. De même, de minces feuilles d’or ou d’argent appelées « paillons », noyées dans l’émail, donnent plus d’éclat à la couleur.

La grisaille

Elle consiste à superposer un émail blanc sur un fond noir. Par grattage à l’aide d’outils extrêmement fins, l’artiste obtient une gamme très étendue de gris qui conviennent admirablement à l’art du portrait. La grisaille fit la renommée de Limoges à la Renaissance.

L’émail cloisonné

On fixe par soudure de fines cloisons d’or, d’argent ou de cuivre sur le support de métal, créant ainsi un réseau de parois qui maintiennent l’émail de façon très précise à la place souhaitée.

L’émail champlevé

Selon la conception du décor, des cavités sont réalisées dans l’épaisseur du métal à l’aide de burins et d’échoppes. L’émail en poudre humide est déposé dans des creux et subit les cuissons nécessaires. Des ponçages de plus en plus fins éliminent dans un premier temps l’émail excédentaire puis redonne à la pièce le poli nécessaire. La couleur est cernée par les réserves de métal que l’outil a épargnées, d’où le nom de « taille d’épargne » qui s’applique également.

Émaux de plique à jour

La plaque est percée de part en part à l’endroit des surfaces colorées. L’émail est logé dans ces ouvertures et demeure, après cuisson, apparent sur l’endroit et l’envers de la plaque. L’effet est comparable à celui du vitrail mais sur des formats beaucoup plus réduits.

L’émail de basse taille

Le procédé de la basse-taille, dérivé du champlevé, est appliqué à l’argent ou à l’or. Des maux translucides sont cuits sur le support ainsi préparé et permettent de mystérieux et chatoyants jeux de transparence.

Sanguine

Technique similaire à la grisaille produisant une coloration allant du brun chaud au roux intense. Elle est composée d’une petite quantité de fondant ajoutée à une poudre.